Changeons... tout ?

Publié le par Mérédith S. Christa D'Angelo

Je propose mes humbles réflexions à toutes celles et tous ceux qui, comme moi, ne rêvent que d’une formidable embellie de l’éducation accordée à nos enfants et adolescents... A vous qui, comme moi, êtes totalement convaincu(e)s que le véritable niveau de développement et de progrès d’une société se mesure à la qualité de l’éducation tant au sein des familles qu’au sein des écoles, collèges, lycées et même universités. Mais ce n’est pas tout, c’est aussi la qualité de la formation concédée aux adultes qui témoigne de la véritable évolution positive des nations et de la planète.
 
L’EDUCATION : je crois que nous sommes parvenus à un moment clé, déterminant où il va falloir oser prendre la décision de tout changer !
Du changement dans l’Education Nationale ! Mais, depuis quelques décennies, aucun de nos ministres ou presque n’y a échappé, chacun s’y est essayé !
Par les fameuses réformes ! Oui, fameuses parce que chacune d’elles a suscité des réactions, débats et polémiques, jusqu’à provoquer parfois le départ précipité du ministre lui-même ! Et pourtant, la situation scolaire globale, de l’école à l’université, « bat de l’aile ».
Elèves ou étudiants, parents ou enseignants, chefs d’établissement ou responsables de la scolarité, de l’éducation, de l’orientation, de la santé, représentants syndicaux ou décideurs politiques, tous expriment leurs insatisfactions, tous souhaitent une amélioration, et pourtant les mêmes problèmes perdurent : échec scolaire et agressivité côté élèves, découragement voire « burn out » (épuisement professionnel) côté enseignants, etc.

Alors, à présent, QUE FAIRE  pour sortir de cette impasse ?
QUI pourrait bien s’y atteler ?
A mon niveau, de ma place, la seule action que je peux mener à terme c’est celle-là, dire ce que je sais du fonctionnement de notre système français - après une très longue carrière d’enseignante (collèges, lycées, universités) et de formateur de professeurs dans les écoles, collèges, lycées ; en IUFM et UE (universités d’été)  - et comment je conçois un véritable changement.
Certes, ça peut paraître bien prétentieux d’oser faire des propositions dans un domaine dont les plus « grands » sont censés se préoccuper et encore plus d’oser croire que je pourrais avoir mieux à offrir que tous les « géants » qui tiennent le devant de la scène. 
Est-ce une vieille tendance rebelle et provocatrice, est-ce un suicide intellectuel ou une ultime tentative face à une situation désespérée … ?
Tant pis, j’y vais !
 
Le premier axe d’approche peut être historique.
Quel que soit le lieu et l’époque, tous les systèmes éducatifs ont été élaborés et mis en place par des personnes détenant le pouvoir et l’autorité. Ce qui signifie que tous les concepts sous jacents à ces systèmes doivent être en adéquation avec une société pyramidale où des rangs, ordres, classes, … sont pré-établis.
Ainsi, lorsque le désormais illustre Jules FERRY provoque la généralisation dans tout le pays de l’école laïque gratuite obligatoire, qui sert-il en premier lieu ? L’état français. Et même si c’est une évidence que ce fut un bien considérable pour toutes les classes sociales y compris celles d’en bas, il n’empêche que tout le système servait d’abord et avant tout la fameuse pyramide.
Si c’était un véritable progrès que les enfants des familles les plus défavorisées puissent s’instruire, parallèlement à l’école publique existaient les précepteurs et les établissements réservés aux autres enfants,  ceux des familles aisées du sein desquelles émergeait l’élite destinée aux postes de pouvoir, civil ou religieux.
Ce qui nous intéresse en l’occurrence, ce sont les conséquences de cette organisation.
L’école de J. Ferry est créée pour atteindre au moins un objectif politique : mettre fin à l’illettrisme qui freine le développement du pays.
Les instituteurs d’alors, souvent recrutés à la hâte sur les places de marché, vont développer des comportements éducatifs calqués sur les comportements parentaux, lesquels sont fortement marqués par les concepts judéo-chrétiens selon lesquels l’enfant est une mauvaise herbe, il faut donc corriger sans cesse cette vilaine plante pendant toute sa croissance et lui attribuer des tuteurs bien solides pour qu’elle pousse droit. La métaphore est claire : l’éducateur doit imposer, contraindre et punir sévèrement par des sanctions tant physiques que psychiques. Certaines générations se souviennent très bien des gifles, des fessées, des bonnets d’âne, etc.
L’école était donc bien un lieu d’apprentissage qui s’effectuait dans la soumission.
 
L'école d'aujourd'hui s'est-elle écartée de ce modèle ? A quel point ? Pour quels progrès ?
L’école maternelle, à juste titre enviée par nombre de nos voisins, nous fournit le nouveau modèle le plus avancé (par rapport au primaire et au secondaire). Le concept fondamental n’a plus rien à voir avec la vieille querelle de l’enfant bon ou mauvais de naissance mais avec les théories du développement de l’enfant : un être fragile face aux traumatismes que n’importe quel adulte peut lui faire subir même avec les meilleures intentions ; un être qu’il convient d’aider dans l’ensemble de ses apprentissages fondamentaux afin de l’accompagner dans sa difficile nécessité de prendre conscience de lui-même, de son image, des autres, du monde et de la place qu’il occupe et qu’il pourra de plus en plus choisir d’occuper.
 
Je ne peux que souscrire à ce modèle au point d’être persuadée que le véritable changement ne pourra pas se mettre en place sans passer par lui.
Les passéistes disent « au moins avant il y avait du respect pour les parents, les enseignants, les lois, etc. ». Et c’est faux. Il n’y a pas de respect lorsque l’autorité est répressive, castratrice, dominatrice et qu’elle n’admet donc que la soumission.
C’est le modèle par excellence des systèmes militaires. Qui peut croire encore aujourd’hui aux vertus d’un tel système ? Qui peut espérer un véritable progrès des sociétés humaines et une véritable évolution positive de chacun, de tous les terriens avec leur planète en perpétuant des systèmes qui ont généré des désastres durant quelques milliers d’années !
 
C’est donc bien vrai, nous ne pourrons pas faire l’économie du changement ! 
Des changements, il y en a toujours, tout le temps, pour tout le monde : la vie crée du changement. Qu’est-ce donc que CE CHANGEMENT inédit ? Pourquoi aujourd’hui ?
 
Il faut tout changer puisqu’il nous faut purement et simplement –peut-être ? – prendre le contre-pied de tous les fondements du système ancien.
Abolir le concept de mauvaise plante pour se fonder sur le concept de « plante – ni bonne ni mauvaise – mais qui a l’impératif besoin de se développer » et s’appliquer dès lors à répertorier puis mettre en place tout ce qui constitue les meilleures conditions possibles pour favoriser ce développement.
Remplacer le concept de faute, d’erreur qui mérite punition ou le concept de réussite, de bonne action, attitude qui mérite récompense, etc, par le concept d’expérience génératrice d’auto-satisfaction et de curiosité sans cesse renouvelée.
Renoncer à toute forme de compétition, de rivalité avec les autres pour une recherche personnelle de son propre rythme de vie, d’apprentissage, d’appropriation, et privilégier la coopération.
Abandonner définitivement tout ce qui relève du jugement, de l’a priori, de la prédétermination, du conditionnement, de l’influence pour favoriser l’élaboration du goût, de la réflexion, du choix, de la prise de décision… « personnels ». 

Alors, allons-y gaiement, « CHANGEONS »… TOUT ?

 

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L
bravo !
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M
Ce "bravo" me va droit au coeur et m'encourage à poursuivre ! TRES GRAND MERCIIIIIIIIIIIIIII
S
Ah oué.
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M
GRAND MERCI  pour cet encouragement ! Quel bonheur de se sentir un peu moins seule !!!