La Voix / Voie d'Edith S. (suite 1)
DES VOIX ET DES VOIES
La Voix / Voie d’Edith S.
A toutes celles et tous ceux qui, comme moi, voudraient bien en finir une fois pour toutes avec toutes les formes de mal être, mal de vivre, inconfort et insécurité, frustrations affectives, régressions, nœud dans la gorge, poids dans l’estomac, tempêtes abdominales et autres séismes, tsunami, ouragans émotionnels !!!!!!!!
Je voudrais bien parvenir une fois pour toutes à comprendre et à éliminer ce qui vient et revient trop souvent, oui beaucoup trop souvent, m’empêcher d’être confortable et « sécure » dans la vie.
Enfant, je me sentais très seule, triste ; alors je me disais qu’il fallait certainement attendre d’être « grande » pour que la vie devienne quelque chose d’intéressant, de joyeux. Je me disais que je n’aurais plus peur de rien ni de personne « quand je serais grande ». Je me disais que je ferais ce que je voudrais.
Et puis « j’ai été grande ». A quel âge ? Je ne sais pas. Je ne me suis pourtant pas réveillée un beau matin en me disant : « ça y est, ma chérie (les bons jours je me dis des petits mots gentils, ça fait toujours du bien !), oui, ça y est, tu es grande … ou je suis grande … ». Vous avez remarqué comme c’est compliqué de se parler à soi-même … entre le je et le tu, ça tiraille, ça hésite, ça se mélange même souvent.
Bref, entrée dans le camp des grands, j’y étais c’était sûr : un mari, une activité professionnelle, un enfant puis deux, une maison, courses, ménage, cuisine, lessives, nettoyer, ranger, repasser, et puis surtout éduquer ces petits envahisseurs adorés qui veulent grandir, grandir, grandir … et vite et bien s’il vous plait !
Epouse et mère, fille et sœur, collègue et copine, il en faut de la disponibilité pour tout ce beau monde. Alors là, j’ai eu, me semble-t-il, une bonne coulée d’années qui m’a comme glissé entre les mains, j’ai perdu le contrôle, j’ai tenté de toujours parer au plus pressé sans perdre de vue le plus important : les enfants, si petits, si fragiles, si chers au cœur !
Mais pourquoi donc faut-il que même l’amour maternel, ce merveilleux flux continu d’amour, soit contrecarré par le sentiment de culpabilité, cette angoisse de toutes les mères, je pense, de ne jamais être à la hauteur : trop ou pas assez affectueuse, trop ou pas assez autoritaire, trop ou pas assez attentionnée, trop ou pas assez confiante… en quoi ?… en la vie ? … en qui ?… en soi, en l’autre ?
Cesser, une fois pour toutes, de croire au mal en soi, est-ce réalisable, humainement ?
Enfant déjà je vivais cette expérience étonnante de sentir qu’être seulement la petite fille que j’étais n’était pas satisfaisant, pas suffisant ! Je regardais ma sœur et je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas être elle aussi. Aucun thérapeute n’a jamais pu m’expliquer correctement ce phénomène.
Depuis je n’ai pas un instant cessé de ressentir cette insuffisance. Seule la relation à l’autre, lorsqu’elle est vraie et intense, peut effacer cette sensation de manque : je ne suis pas complète, il me manque quelque chose !
Pas un instant de solitude vécu sans ce malaise, ce mal être !
La prière, la méditation ont joué leur rôle de palliatifs : ne sont-ils pas essentiellement un moyen de créer une relation avec un alter non ego, non humain, virtuel ou avec soi-même sans passer par le mental, dans un vide de silence ou une « pure lumière » - ou ce que l’on se représente comme telle !
Atteindre la lumière c’est éradiquer l’obscurité c’est-à-dire le mal. C’est se re-proposer à soi-même une image revalorisée, immaculée donc exempte de salissures … aucune tache, aucun défaut … c’est l’espérance mise par le rite catholique dans la confession des péchés laquelle, hélas, implique la croyance au péché, à l’état inévitable de pêcheur !
Comment pourrions-nous échapper au concept de « faute » et au sentiment de culpabilité quand ils sont constamment entretenus dans tous nos systèmes éducatifs, parentaux ou scolaires ?
D’ailleurs, les premiers enseignants, en France par exemple, n’étaient-ils pas des religieux ou religieuses pour lesquels l’enfant était comme une mauvaise herbe : si elle n’était pas solidement tuteurée, elle pousserait n’importe comment ! Par conséquent tous les moyens devaient être utilisés pour « faire pousser droit ». Il valait mieux recourir à toutes les formes de punition – corporelles et psychologiques – flagellations et bonnets d’âne – plutôt que laisser un enfant sous l’influence des forces du mal !
Et voilà, le tour est joué et c’est un sale tour !
Aujourd’hui encore des parents et des enseignants pourtant bien intentionnés continuent à faire croire à des enfants qu’ils sont « mauvais » et leur font courir le risque de rater leur vie parce que, prisonniers de cette image, ils ne réussiront pas à trouver un peu de bien, de bon, ni en eux ni dans les autres. Comment une personne qui déteste sa propre image pourrait-elle vivre sereinement ? Que peut-elle projeter d’autre à l’extérieur que ce qui bout à l’intérieur ? Si la haine s’étend en elle alors elle s’étend aussi hors d’elle.
Alors je me dis que la racine du mal c’est le mal ! Si nous voulons tous aller mieux, si nous voulons que nos sociétés aillent mieux, si nous voulons que la terre elle-même aille mieux, alors il faut tout changer. Quelle utopie ! Peut-être pas !
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