La Voix / Voie d'Edith S. (suite 2)

Publié le par Mérédith S. Christa D'Angelo

DES VOIX ET DES VOIES

La Voix / Voie d'Edith

Pour changer tout, il s’agit peut-être de prendre conscience qu’un vieux système de croyances est en train de nous conduire à notre perte et qu’il est peut-être temps de s’en débarrasser comme on se débarrasse au quotidien des vieilleries qui ne nous sont plus utiles – « vive le vide grenier » !
La vieille idée de bien et de mal, de lumière et d’ombre, et puis tenez, pendant qu’on y est, de dieu et de diable, avec tout le cortège de valorisation/dévalorisation, pour ça, pas de vide grenier mais le feu de la transformation !
Alors comme je sais, pour l’avoir maintes fois vérifié, que personne ne fait changer personne, une fois parvenue à ce stade de ma prise de conscience il ne me restait plus qu’à mettre en place ma propre transformation.
La chose n’est pas aisée ! Tous ceux qui ont tellement de difficultés à se séparer de tout ce qui est lié à leur passé, vous savez, ceux qui ont précieusement conservé leurs cahiers d’école, … le premier ticket de bus, de métro, de cinéma, … les cartons d’invitation avec les menus des baptêmes et des mariages de tous les membres de la famille, cousine Ginette, tonton Jules, … ceux qui collectionnent les cartes postales, les boites d’allumettes, les galets … ceux qui ne peuvent pas jeter et accumulent les bouchons, les papiers cadeau, les boites d’œufs et même les bouts de ficelle … vous toutes et vous tous qui êtes chers à mon cœur, vous savez mieux que les autres les obstacles que j’ai dû franchir pour avancer sur mon chemin de l’auto transformation et sachez que votre compassion me va droit au cœur.
Donc, me suis-je dit, dorénavant je considère qu’il est plus avantageux pour moi d’éliminer de ma vie le concept de bien et de mal et de privilégier celui d’apprentissage et d’expérience. Ce que j’ai la chance de voir clairement à ce moment-là c’est que toutes les notions de beau/laid, réussite/échec, tout ce qui a trait à l’intelligence ne sont que des constructions mentales issues de nos systèmes de croyances. A présent ce que je veux atteindre avant tout ou approcher au plus près c’est la réalité de « qui je suis vraiment » en dehors de mes systèmes de croyances.
Le bébé avant qu’il ne soit contaminé par l’environnement est dans sa réalité « virginale », il rit, il pleure, ce n’est ni bien ni mal, c’est juste la façon dont il vit l’expérience de vie, il est bien, il n’est pas bien. La virginité, la pureté de l’être, c’est l’absence d’étiquetage bien/mal du mental, l’expression simple de soi, du ressenti.
Je comprends la nécessité, l’impérieuse nécessité de l’arrêt afin que toutes les vieilles « choses » accumulées puissent être délogées, pour qu’elles puissent me « lâcher », se décoller de moi.
A présent je sens, je ressens l’amour comme un courant à l’intérieur mais aussitôt je perçois la présence d’une peur de souffrir, peur que l’autre ne réponde pas à l’amour par l’amour, peur d’être maltraitée, abandonnée. Alors m’apparaît le système de protection mis en place pour éviter la souffrance ou la peur de la souffrance, ça ressemble à une fermeture d’une grande partie de l’espace cœur. La conséquence de ce processus dans la relation à l’autre, elle est connue de tous. Chacun va aimer chez l’autre ce qui est gratifiant, sa beauté, sa gentillesse, sa joie de vivre. Combien d’entre nous réussissent à aimer l’autre « tout entier », je veux dire aimer tout ce qu’il est, tel qu’il est ?
 Combien de personnes ont pu affirmer : «  j’aime l’autre (quel qu’il soit mais surtout dans la relation amoureuse) profondément, indéniablement et définitivement non pas parce qu’il me fait plaisir, qu’il pense comme moi, que je lui plais, qu’il me trouve beau (belle), intelligent(e), qu’il me rassure, me sécurise, qu’il comble mes attentes, mes manques, mes besoins, etc.
Un flux d’amour est là en moi comme le mouvement de la mer, là, toujours là, permanent, je le sens, le ressens. Je vis cette réalité toute simple que l’amour est toujours là, qu’il en est toujours ainsi pour tout le monde … qu’il est tout juste caché, dissimulé, oublié chaque fois que la peur, le manque de confiance (ce qui est strictement la même chose) vient occuper tout le champ de la conscience créant ainsi l’illusion, l’illusion de l’insatisfaction, de la frustration. Quand le lien à ce flux est coupé, toutes les autres relations sont handicapées, boiteuses.
Mais quand ce flux est là bien présent, l’être qui le sent et le ressent en conscience peut, dans l’instant, accéder à sa propre métamorphose, la libération intérieure de tout ce qui n’est pas soi. Avec une conscience grande ouverte et une bonne dose d’empathie, il est même possible de  déceler chez l’autre l’impact de ce flux : pétillement de vie dans le regard, frémissement de joie dans la voix !
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